Jours de France n°1696 du 04.07.1987


SOPHIE MARCEAU 20 ANS DÉJÀ!

L‘adolescente de «la Boum» est devenue soudain une ravissante jeune femme joyeuse et épanouie



    Vingt ans ! On a presque envie de dire déjà, comme si c’était nos propres années qui s’envolaient, parce que Sophie Marceau, à travers ses films, a grandi sous nos yeux. En sept ans, elle a cherché sa beauté qui s’est métamorphosée tranquillement, sans jamais avoir à renier sa vraie nature, une nature généreuse, épanouie, dont l’image s’est façonnée au fil de ses films. Entre «la Boum», où elle avait Claude Brasseur pour père, et le dernier film, «Descente aux enfers», où il était son amant, on a l’impression de voir en accéléré sa courte et brillante carrière d’actrice. Une actrice passionnée, capable de tous les sacrifices pour un beau rôle. Capable de s’enthousiasmer comme une enfant, capable aussi de resister à toutes les attaques. Quelqu’un de solide et de sincère qui peut vite oublier ses blessures pour repartir dans une belle aventure.
    Ce sont toutes ces qualités et cette ténacité qui ont donné l’envie à Philippe de Broca de lui confier le trés beau rôle de Céline dans «les Chouans», un film lyrique et romanesque dont le tournage commencera ce mois-ci, en Bretagne, naturellement.
    Robe Tehen. Chapeau Jean-Charles Brosseau. Foulard Ralph LaurenSophie Marceau aura Philippe Noiret pour partenaire. Mais pas d’histolre d’amour entre eux. Noiret jouera le rôle du comte Savignat de Kersadec. C’est chez lui que Céline, enfant trouvée, a grandi, élevée par une mère de lait. L’amour, elle le découvrira à travers cette révolte menée par la noblesse bretonne — et vendéenne — contre les révolutionnaires. Deux hommes se disputeront son amour: Lambert Wilson, qui s’est battu pour imposer la Revolution en 1789, et Stéphane Freiss, général des Chouans qui, lui, combat dans l’autre camp. Déchirée entre ses origines paysannes et cette aristocratie qui l’a recuelllie et élevée, Céline affrontera la vie et toutes les luttes qu’elle lui impose.
    Dans «les Chouans», Sophie Marceau retrouvera ce plaisir enfantin de se déguiser avec de merveilleux costumes. Pour «Jours de France», elle a choisi une mode qui peut s’adapter à tous les imprévus, avec des jupes longues et amples qui vous laissent une impression de liberté. Tee-shirt boutonné devant vert amande, Marithé et François Girbaud, Tee-shirt rose, Creeks.

    Il faut se sentir libre pour être belle. Libre de son corps, libre de ses mouvements. J’aime les tissus qui sont à la fois beaux à l’œil et agréables au toucher, explique Sophie Marceau. Des robes sans aucune structure qui révèlent ce qu’on peut montrer et cachent ce qui doit être caché. En revanche, j’ai une passion pour les décolletés, rien n’est plus beau que la naissance d’une gorge. Quoi de plus émouvant qu’une nuque et de jolies épaules rondes. Pour le film «les Chouans», que je vais commencer,je me suis battue pour obtenir des robes souples qui correspondent à mon personnage de jeune fille libre. Côté beauté, je suis aussi pour le naturel, avec un maquillage léger qui sait mettre en valeur un visage sans essayer de lui donner une beauté qui n’est pas la sienne. Ma maquilleuse, Edith Remy, travaille sur mon visage comme un porcelainier, comme un aquarelliste, par petites touches. Côté coiffure, j’ai enfin réussi à garder les cheveux longs. Lorsque j’étais petite, ma mère me les coupait tout le temps. Après, ce sont les metteurs en scène qui l’exigeaient. Cette fois-ci, je vais pouvoir les attacher en chignon souple, avec des mèches qui s’échappent... Le bonheur! Garbo disait: “Trois choses sont importantes pour une comédienne: son visage, ses cheveux et ses mains.” J’ai fait mienne sa devise.»

Photos Hervé Nabon. Réalisatlon Isabelle Chicot. Ces photos ont été réalisées au château-relais d’Esclimont. Maqulllage Edith Remy pour Lancaster. Coiffure Klaus pour Alexandre de Paris.


Texte Christine Gauthey.
Photos Hervé Nabon.

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