du
27 NOVEMBRE 1982
Sophie
La star de la “boum génération”
Elle
habite chez papa et maman, file l’amour parfait avec Peter, rêve d’enfants
qui s’appelleront Julie et Gaëtan, et sa “Boum 2” pourrait battre les
records d’entrées atteints par la “Boum 1”.
par Pierre Laforêt
Ouais
les copains! Ouais! Même que j’ai rencontré la superchouette Sophie Marceau
qui joue dans la Boum 2, la nouvelle
toile de Claude Pinoteau.
Ouais!
Même que la Boum 2 qui fait suite à la
Boum 1, c’est « un vrai phénomène social » qu’il explique le metteur en scène.
« Sophie c’est un symbole quoi!
L’image d’une génération. Une fille qui connaît une métamorphose
physiologique».
—
Voilà... c’est l’histoire d’une
famille française... La fille, c’est une fille de seize ans — moi — qui
revient d’un voyage. En revenant donc, la fille — moi — elle rencontre un
charmant jeune homme... (ici Sophie lève le visage vers Peter. Les jeunes
gens se sourient)... Ils vivent un grand
amour... avec des trucs et des bosses et des machins qu’elle raconte à sa
grand-mère Poupette. Mais y‘a naturellement le père et la mère. Le père
c’est Claude Brasseur, la mère Brigitte Fossey. Le père est dentiste et la mère
fait des bandes dessinées. Le père, il veut recevoir un prix pour une thèse
qu’il a fournie. Mais la mère (parce que le père veut aller chercher son
prix) ne veut pas le suivre.., donc là aussi, des problèmes s’imposent dans
le film... enfin... voilà, quoi !... A lafin tout finit bien!
Dream in blue,
Je rêve en bleu. I dream in blue (prononcez bloue).
Lorsque je pense à vous, c’est entre bleu et bloue,
Dream in blue, je dream en bleu je rêve en bloue.
Tout est bleu all is blue-blue (prononcez blou-blou et reprenez).
Oh ! oh ! dream in blue !
Oh ! Oh ! Oh ! dream in blou-ou-ou-oue !
Habillée
normalement
—
Et comment !... A treize ans et demi, pour
occuper mes week-ends, j’allais
sur les marchés et je cherchais du travail !... Un jour j’ai vu une annonce
d’agence de mannequins sur le journal.. il n‘était pas question de cinéma.
A lors je suis allée me rendre à l’adresse. Et là, j’ai payé cinq cents
francs (76€). Je me disais «
tant pis hein !... on verra bien ! » . . . Un
autre jour on me téléphone. On me demande à la Gaumont International. J’y
vais avec papa. Il y avait des mères plein les couloirs qui coiffaient leurs
filles. Papa me dit: « Allez viens, on s’en va ! » Moi
je dis: « Non. C’était pas la peine de venir. On attend encore un peu.
Et si je passe pas dans une demi-heure on s’en va. » . . . Nous,
avec papa, nous étions habillés normalement... On m’a appelé et j’ai été
prise en caméra vidéo. Là on m’a demandé de revenir. Et alors, oh lala !
qu’est-ce que je suis revenue !... Allez revenez encore une autre fois. Je
n‘ai pas arrêté de revenir.

—
C’était une scène où des garçons
venaient nous inviter à une boum. Avec des copines on disait rien. On devait
marcher et eux, ils s’arrêtaient devant. On s‘arrêtait aussi. .. (attendez
que je me rappelle...) Ah ! oui ! c’est ça... les garçons s‘arrêtaient et
ils disaient: «C’est samedi. . . vous faites quelque chose ? » Je répondais... (Sophie Marceau refléchit)... ah ! oui !... je répondais: « Pourquoi?»
—
Dans la Boum, nous avons déplacé le champ d’investigation de la génération des
treize ans a celle des quinze ans. Parmi les milliers de lettres que nous avons
lues attentivement, très nombreuses sont celles qui expriment un mélange de
lucidité et d’optimisme. Exemple: «La vie c’est pas comme ça, mais
c’est comme ça devrait être... faites-nous rêver (sic)
...La Boum, c’est nous ! (re-sic).
Peter:
« Non. Moi, avant de faire du cinéma,
j’ai passé mon bac. Je l’ai eu à dix-sept ans. Avec mention... Mes parents
voulaient que je devienne kinési (thérapeute), mais ça me branchait pas.
Alors j’ai joué d’la guitare dans le métro, des trucs comme ça. J’ai été
candidat moniteur d’éducation physique, mais ça me branchait pas non plus...
(regard tendre vers Sophie). Avec Sophie,
on s‘est vus pour la première fois dans une scène capitale de la Boum 2.
On sortait d’un concert et on se
trompait de direction. Moi, j’avais dépensé tout mon argent et on se
retrouvait en banlieue, sans fric. On se regardait et on éclatait de rire...
c‘est cette scène-là qui nous a liés. Après, on s‘est vus sur le
tournage... Sophie était habillée en charisse !
—
En Cyd Charisse... quand je l’ai aperçue, ça m’a inspiré une poésie.
Posée
sur son piédestal
Les
yeux et la bouche dessinés
Au
parfum de femme fatale,
Et
j’étais intimidé,
Peut-être
par un personnage qui n‘était pas le sien.
—
Question mariage? Pourquoi? s’écrie
Peter. C’est pas évident! Le mariage,
c’est rien qu’un morceau de papier !
Suit
une série de réflexions d’une grande justesse à propos de l’existence, de
l’avenir et de la famille « sans
laquelle, précise Mlle Marceau, une
femme ne peut pas se sentir bien ». Conclusion de la vedette: «
Géniale, la famille ! »
On
aura donc des bébés qui s’appelleront Julie et Gaëtan, mais Peter préférerait
Charlotte pour la fille.
—
Et on vivra dans de la couleur marron mais
pas dans le blanc, dit Sophie. Parce
que moi, toute une journée dans le blanc, ça me rend molle !
Sur
le plan cinématographique, Mlle Marceau demeure légèrement inquiète:
—
Je sais que, dans le cinéma français,
c’est très rare d’être vedette à seize ans. Je pense donc avoir une passe
difficile. Ce qui est important, c’est d’y aller progressivement, pour pas
que le public soit choqué. Alors moi, mon but, c’est de m‘affirmer comédienne.
Parce que tout ce qui m’arrive, c’est un accident totaL Je ne m’en plains
pas, mais je me disais plutôt: j’aimerais être quelqu’un de pas connu. A
présent, si ça s’arrêtait ce serait dur-dur !
Elle
ajoute:
—
Quand j’ai commencé, à vrai dire, je
suis tombée dans du coton!
Sept
cents essais