Notre couverture: Sophie Marceau, 15 ans, une des plus sûres valeurs du cinéma français. Son premier film, La boum, a fait un triomphe, le second, La boum 2, devrait suivre le même chemin. Sophie est pour l’instant élève de première au lycée.Nous Deux (supplément) n°1840 – oct.1982

Après La boum, elle a créé une chanson avec Français Valéry. Etaient-ils amoureux? « Pas du tout, dit Sophie, il m’a proposé cette mélodie, cela m’a amusée, j’ai dit oui !» Pourquoi ne pas continuer ?Elle pourrait ressembler à votre petite sœur ou à votre fille, ou à celle de la voisine. Ce joli visage, tout rond et souriant, qui peut s’assombrir et se mettre à bouder, c’est celui de la jeune fille moyenne, en 1982, c’est celui de Sophie Marceau. Si l’on en doute, il suffit de regarder les chiffres. Sophie, vedette de La boum de Claude Pinoteau, a été vue par 4 500 000 spectateurs en France. Il y eut des blessés devant les cinémas en Italie. Les Japonais se sont mis à la mode de La boum... C’est un phénomène raz de marée, qui a surpris tout le monde, depuis le producteur jusqu’au metteur en scène, en passant par la vedette.
Sophie n’avait jamais pensé faire du cinéma. A quatorze ans, elle cherchait des petits emplois: vendeuse ou baby-sitter, tout en terminant ses études. Une de ses amies eut l’idée de lui faire envoyer des photos dans une agence de publicité... Quatre mois plus tard, elle était convoquée, c’était pour La boum.Claude Pinoteau, le metteur en scène des deux « boum », est un peu le second père de Sophie. Elle lui demande conseil pour ses projets, il a veillé à ce que la promotion du film ne soit pas écrasante pour elle: « Il est comme un copain, un professeur, un père poule, il est formidable», dit Sophie de lui.
— Quand j’ai vu Sophie, j’ai instantanément senti que c’était elle, raconte Claude Pinoteau. Vous savez, on sent ces choses-là. Le bout d’essai, ensuite, m’a convaincu de façon définitive.
Pour Sophie, c’est un jeu. Elle termine son année scolaire et commence le tournage:
«Je ne me prends pas au sérieux. Il n’y a pas de raisons», confie Sophie. « Les deux films que j’ai tournés, c’est vraiment comme dans la vie. Ce n’était pas difficile. Quand j’en aurai fait douze, et très différents, je penserai: je suis une actrice. Pour l’instant, je m’amuse bien. Et, en plus, on me paie! J’ai beaucoup de chance !».— Au début, j’étais dévorée par le trac, dit-elle. Cela fait un drôle d’effet de voir Claude Brasseur et Brigitte Fossey, en chair et en os, vous parler, plaisanter avec vous et jouer le rôle de vos parents, quand vous ne les avez jamais vus que sur l’écran!
Les amies de Sophie, elles, assurent que Sophie est hyper décontractée. Et c’est vrai: sur l’écran comme dans la vie, elle est parfaitement naturelle.
Une telle nature, un tel succès suffisaient à convaincre les auteurs du film qu’il fallait une suite: Danielle Thompson, la scénariste (fille de Gérard Oury), s’est donc mise au travail. Et, cette fois, Sophie a lu les premières versions du scénario au cours de réunions de travail avec Claude Pinoteau, La voici avec Claude Brasseur, son père dans La boum 1 et 2. « J’ai été vraiment heureuse de le regarder travailler. C’est un fabuleux comédien !... J’aimerais faire un autre film avec lui, différent. » Claude Brasseur et Brigitte Fossey. Elle a donné son avis, suggéré des choses, timidement, puis avec toute la passion de ses quinze ans. Et c’est reparti: La boum 2, vous la verrez en décembre!Le trio de La boum 2: Sophie, Pierre Cossa — il sera son amoureux, et là, ce sera sérieux ! — et Nathalie Riquet, sa rivale. Pierre et Nathalie sont pratiquement des débutants. La boum 2 est leur première grande chance.
Quant à Sophie, elle a repris ses études. Elle est en première, c’est sérieux. Il y a le bac au bout de l’année. Elle veut aller jusqu’en terminale... Evidemment, le cinéma lui tend les bras. Ses parents lisent les scénarios avant elle; mais pas question de tourner pendant l’année. Après, on verra.
Sophie, elle, voudrait jouer des comédies dans le style des comédies musicales américaines… Elle rêve de mille choses. Mais avec toujours un solide bon sens. Son succès — qui aurait perturbé des esprits plus sensibles — ne l’a pas troublée. Elle a essayé de répondre à son courrier.
— Au début. Ensuite ce n’était plus possible, il arrivait par sacs ! J’étais découragée ! assure Sophie. On l’a suivie, attendue.
Avant la première du film, Sophie n’avait jamais été à une « boum ». « Maintenant, j’y vais avec mes amies, dit-elle. Et dès que j’arrive, évidemment, on passe la musique du film. » Richard Sanderson (qui a été pour Nous Deux la vedette du roman-photos L ‘homme sans passé) est aussi devenu une vedette. « Reality », la chanson du film qu’écoute Sophie dans son walkman, en dansant, a été vendue à 2 500 000 exemplaires.— Pendant plusieurs nuits de suite, des garçons ont campé sous mes fenêtres, ils m’attendaient devant chez moi. A la fin, mon père les a priés de partir. Ils étaient gentils, en fait! (elle éclate de rire!) Il y a eu aussi le téléphone. Il n’arrêtait pas de sonner. Mes parents ont été vraiment patients: il a même fallu déménager, tellement cela devenait infernal... J’espère que cela ne va pas recommencer à ce point avecElle a reçu, depuis la sortie du premier film, 160 000 lettres de tous les horizons: «il y a des filles de mon âge qui m’écrivent pour me parler d’elles, des tas d’invitations â des boums, et des garçons qui sont amoureux de moi Vous vous rendez compte ! » Mais son chat n’est pas jaloux ! La boum 2... Enfin, je veux dire que j’espère que ça va marcher… mais, vous me comprenez, c’est ennuyeux de ne pas pouvoir sortir de chez soi !...
Une star à quinze ans! Elle prend les chosés très simplement, Sophie, elle vit chez ses parents, avec son frère et son chien. Elle est partie en vacances, avec eux, sagement... C’est, en fait, une jeune fille comme votre fille ou votre petite sœur!