n°458 du 22.10.1984
SOPHIE MARCEAU:
Elle ne chôme pas ! Après les deux «Boums» et «Fort Saganne», Sophie Marceau revient cette semaine sur les écrans avec «Joyeuses Pâques», aux côtés de Jean-Paul Belmondo...
DANS "JOYEUSES PAQUES" ELLE SEDUIT BELMONDO
On peut dire qu'avec une si jeune carrière, Sophie Marceau est une sacrée veinarde. En l'espace de trois ans et quatre films, elle a donné la réplique aux plus grands: Claude Brasseur (les «Boums»), Deneuve, Noiret, Depardieu («Fort Saganne»). Aujourd'hui, elle a été choisie par Jean-Paul Belmondo lui-même pour jouer dans «Joyeuses Pâques». Un choix qui, vous le devinez, a comblé Sophie de bonheur: qu'une star comme Belmondo vous demande pour lui donner la réplique à ses côtés, quoi de plus merveilleux pour une jeune comédienne? Ce film est l'adaptation cinématographique d'une pièce de théâtre à succès écrite par Jean Poiret. C'est une comédie de boulevard où l'on retrouve le trio classique: le mari (Belmondo), la femme (Marie Laforêt) et la maîtresse (Sophie Marceau). Mais là où l'histoire prend une tournure tout à fait particulière, c'est quand Stéphane Margelle (Bébel), surpris chez lui avec Sophie, annonce à sa femme, pour se tirer d'affaire, que cette charmante jeune fille n'est autre que sa fille, qu'il aurait eue d'une aventure de jeunesse. On imagine alors dans quel imbroglio vont se retrouver ces personnages au double jeu. De quoi provoquer plus d'une situation cocasse et périlleuse. A propos de son rôle, Jean-Paul Belmondo déclare volontiers: «Jean Poiret m'a offert là le plus beau personnage de menteur de ma carrière. Et Dieu sait si Bébel en a interprété quelques-uns! Quant à Sophie, elle est revenue enchantée de ces trois mois de tournage sur la Côte d'Azur. «Comment ne pas l'être, dit-elle, quand on a la chance de côtoyer de si grands professionnels. Regarder jouer Jean-Paul, c'est une leçon permanente. Et puis, dans ses rapports humains, c'est un tel amour qu'on ne peut pas lui résister...»
Si dans le film, plusieurs scènes prêtent à rire (vous pourrez vous en rendre compte dès sa sortie, le 24 octobre), sur le plateau, l'ambiance n'était pas non plus à la mélancolie. «Tout a été fait avec beaucoup de protessionnalisme, raconte Sophie, mais dans une atmosphère détendue, amicale et familiale. C'est bien simple, j'ai vraiment eu l'impression d'avoir un fou rire permanent pendant trois mois, quel bonheur!»
...DANS LA VIE ELLE PRÉFÈRE POUR L'INSTANT VIVRE SEULE

Elle ne s'arrête plus, Sophie: elle tourne actuellement le prochain film de Zulawski, «L'amour braque». Ainsi n'a-t-elle plus un seul moment de répit, mais elle ne s'en plaint pas. Au contraire. «Par hasard, je suis devenue comédienne, dit-elle, et, au lieu de trouver un métier, j'ai découvert une passion, je suis entrée dans cette carrière comme on entre en religion. Et comme je ne peux pas me partager entre le cinema et l'amour, c'est pour cette raison que Pierre Cosso et moi nous nous sommes séparés, d'un commun accord. De toute façon, j'ai un emploi du temps si chargé qu'il me serait impossible, même si je le désirais, d'être disponible pour l'amour.» En effet, Sophie avide de savoir, ne chôme pas, même entre deux tournages. Et au lieu de partir en vacances, elle suit attentivement des cours de comédie, de danse, de chant et de diction. «Mes parents m'ont toujours inculqué le respect du travail et je ne me pardonnerais pas de bâcler ce que je fais. Quant à eux, ils détesteraient que je sois devenue futile. Entre nous, rien n'a changé. Sauf que j'étais "la petite" et que je suis devenue une jeune femme equilibrée qui gagne bien sa vie. Mais là encore cela n'a pas transformé leur existence. Ils n'ont pas attendu que je sois célèbre pour s'organiser une vie aisée. Ils ont bossé toute leur vie pour ça. Comme ils ne supporteraient pas que je leur donne de l'argent, je leur offre parfois le superflu. J'ai envie de leur apporter un peu de rêve ainsi qu'à Sylvain, mon frère: le bonheur n'a aucun intérêt s'il n'est pas partagé...»
Il y a une chose pourtant qui ferait plaisir aux parents de Sophie: avoir des petits-enfants... «Ils étaient si heureux de mes fiançailles avec Pierre, ajoute-t-elle. Ils nous voyaient déjà avec des tas d'enfants. Mais j'ai tout l'avenir devant moi. Je me suis donné dix ans pour rencontrer le garçon idéal avec lequel je pourrai connaître le bonheur d'être maman.»
V.D.