Studio magazine n°147 - juillet-août 1999
La chronique de Jean-Pierre Lavoignat
Retour sur Cannes
Jamais palmarès du Festival de Cannes n’aura été si contesté, et cérémonie de clôture si commentée. Dernières réactions avant l’été
Jamais palmarès de Cannes n’aura été aussi contesté. Jamais la presse ne se sera fait l’écho à ce point-là d’un palmarès trop sectaire pour être satisfaisant. C’est au moins la preuve du succès du Festival de Cannes: chacun estime qu’il lui appartient un petit peu et défend en conséquence l’idée qu’il s’en fait. Il y a bien longtemps, en tout cas, qu’on n’avait pas vu dans la presse une telle soif d’explications. Fait rarissime, les jurés eux-mêmes se sont senti obligés de monter au créneau. André Téchiné a confessé dans «Le Journal du dimanche» que c’étaient les jurés anglo-saxons qui avaient permis la victoire de «L’humanité», à la fols pour le Grand Prix et pour les Prix d’interprétation, tout en déclarant qu’il assumait le reste du palmarès. «Notre mission, a-t-il dit, est de prendre des risques et de révéler des nouveaux talents.» (C’est dans le cahier des charges du Jury du Festival de Cannes, cette mission? Si c’est le cas, ça veut donc dire que les metteurs en scène reconnus ont raison de ne pas vouloir présenter leurs films à Cannes en compétition, ce qui finira par être dommageable pour l’intérêt et le retentissement de la manifestation...) Enfin, Cronenberg a précisé dans «Libération qu’il n’y avait “nulle intention politique” derrière ce palmarès, que lui et ses jurés n’avaient fait “que juger une sélection choisie par le Festival et pas donné un avis sur le cinéma mondial” (ce qui est vrai, même si tant de “cohérence” finit par donner cette impression). Il a également estimé que cette idée selon laquelle le jugement du jury allait à l’encontre des goûts du public était le signe “qu’Hollywood avait fait subir un lavage de cerveau au monde entier”. Rien de moins ! On comprend que ne voir que des films américains toute l’année, avec partout le même schéma”, finisse par être une “expérience déprimante” et qu’il se sente du coup “reconnaissant envers le moindre film qui essaie de trouver une piste légèrement différente”. Mais de là à nous imposer le plus austère, le plus radical, et donc finalement le plus “politiquement correct” des palmarès... Daniel Toscan du Plantier, patron d’Unifrance, chargé donc de la promotion du cinéma français à travers le monde, a estimé, dans «Libération» également, que le message de Cronenberg et des siens était “un geste politique en notre faveur”, un “message fort” qu’il fallait lire comme “moins «Files\Common Files» et plus «d’Humanité»”. Et il pour suivait: “Des personnalités qui sont au cœur du système américain, des artistes qui évoluent au sein d’Hollywood nous disent: “Continuez, tenez bon, nous sommes à vos côtés.”» S’il me permet, ça nous fait une belle jambe! Parce que ce n’est pas avec plus «d’Humanité» qu’il y aura moins «d’Armageddon»; c’est même exactement le contraire. Le problème, à mon sens, c’est justement - et le palmarès encourage cette idée - qu’on semble aujourd’hui n’avoir le choix qu’entre «L’humanité» et «Files\Common Files».
Puisqu’on parle de Cannes, revenons quelques instants sur la cérémonie de clôture. Nous avons, comme tout le monde, assisté au naufrage - enfin, gardons le sens des mots -, au dérapage en direct de Sophie Marceau. Plutôt que de s’en moquer, comme quasiment tout le monde dans les jours qui ont suivi, nous avons été gênés, voire touchés. D’abord parce qu’on ne fera jamais partie de ceux qui sont ravis de voir les gens de bonne volonté se planter. (Ce n’est pas aujourd’hui qu’on va changer.) Ensuite, parce que même si le métier d’acteur est justement de maîtriser ses émotions, cette volonté de parler un autre langage que celui des formules toutes faites, ce désir de vouloir faire partager un sentiment fort et brut dans un lieu brillant de mille faux-semblants, ne manquait ni d’ambition, ni de panache - et n’oublions pas que, derrière le panache, il y a souvent beaucoup de naïveté. Que Sophie Marceau n’y soit pas parvenue ne rend pas la démarche moins touchante. En plus, elle a toujours été comme ça. A la fois déterminée, ambitieuse, sincère, naïve et nature. Ecoutant ses emballements, cédant à ses coups de cœur et à ses emportements, sans toujours en être totalement maîtresse, C’est même sans doute l’un des secrets de sa belle présence à l’écran, lumineuse et authentique. C’est même assurément l’un des secrets de sa popularité depuis vingt ans - comme si les gens retrouvaient en elle à la fois leurs rêves, leurs aspirations, leurs ambitions, et leur difficulté à les réaliser. Nous avions prévu, depuis quelques semaines déjà, d’aller la retrouver sur le tournage du James Bond à Londres et de faire avec elle la couverture de notre numéro double d’été. (Nous avons même fait les photos l’avant-veille de sa venue à Cannes.) Nous n’avons bien évidemment rien changé à nos plans. Nous étions juste un peu plus désireux de faire le point avec elle.
SOPHIE MARCEAU contre-attaque
Il était prévu depuis longtemps que nous irions à Londres sur le tournage du nouveau James Bond, «Le monde ne suffit pas» - qui sera l’événement de cette fin d’année -, retrouver Sophie Marceau qui en est l’héroïne. Son “dérapage” en direct, sur la scène du Palais des Festivals à Cannes, n’a fait qu’accroître notre désir de l’interroger, de la rencontrer une nouvelle fois. Pour faire le point sur ses vingt ans de cinéma. Pour mieux comprendre ce que l’adolescente de «La boum» est devenue, et les défis qu’elle se lance aujourd’hui. Pour parler de ses tentations de carrière internationale et de la difficulté qu’elle a à trouver sa place dans le cinéma français... Rencontre à cœur ouvert.
Interview THIERRY KLIFA. Photos Luc Roux.
Comment allez-vous depuis Cannes ?
(Long silence.) Mieux... mieux... Les choses commencent à se calmer.
Rétrospectivement, comment expliquez-vous ce qui vous est arrivé ?
La tension, la fatigue, l’émotion... Je sortais d’une journée vraiment difficile, comme j’ai essayé de le dire. Eprouvante... J’étais partie très tôt le matin de Londres, où je tournais le
James Bond, pour passer une partie de la matinée et de l’après-midi avec l’association Arc-en-ciel, qui se trouve à Annecy.
Quel est le but de cette association?
Elle s’occupe de réaliser les rêves d’enfants atteints de maladies graves et le plus souvent condamnés. C’est une association dont je suis la marraine et dans laquelle je me suis retrouvée impliquée, il y a cinq ans, après avoir reçu la lettre d’une petite fille dont le rêve était de me rencontrer. Il était prévu depuis longtemps que je passe la journée là-bas, et il était impossible, même pour Cannes, d’annuler ce déjeuner si important pour les enfants - et pour moi. Sans doute ai-je eu tort de penser que je pouvais tout faire dans la même journée... Débarquer sur la Croisette après ce que j’avais vécu à Annecy au milieu de ces enfants malades, ce n’était forcément pas évident. Je n’étais pas vraiment sur la même longueur d’onde que les festivaliers.
Cela dit, depuis le début de la cérémonie, la salle était très tendue...
Peut-être, mais cela n’excuse pas tout. J’étais dans mon monde. Un autre monde qui était si loin de la réalité cannoise ! J’ai voulu parler de ça, dire des choses qui me tenaient à cœur, faire partager ces émotions que j’avais ressenties si fort. Malheureusement, tout s’est embrouillé dans ma tête. Mes pensées sont devenues confuses, j’ai bafouillé, j’ai essayé de tenir le coup jusqu’au bout... avant de finalement me laisser emporter et de basculer. J’ai eu un trou noir et, même aujourd’hui, je ne saurais pas vraiment expliquer ce qui s’est passé, ni le temps que ce cauchemar a duré...
(Silence.) D’ailleurs, ça a duré longtemps ?
Non. Mais cela nous a forcément paru long. Dans les jours qui ont suivi, la presse n’a pas été tendre avec vous...
J’ai essayé de ne rien lire... de me préserver. On raconte tellement de choses... En revanche, ce qui m’a ennuyée, c’est que Gilles Jacob puisse croire que je me foutais de lui et du Festival, que je ne les respectais pas. Je ne voulais pas qu’il pense que j’étais venue, blasée, faire mon show. J’étais réellement fière et heureuse de remettre la Palme d’or. D’ailleurs, j’ai accepté tout de suite lorsqu’on me l’a proposé. Je lui ai envoyé un mot pour lui demander de m’excuser. J’étais désolée aussi pour les frères Dardenne. Désolée de leur avoir un peu gâché leur moment... Heureusement, au milieu de toutes les critiques et les moqueries, j’ai reçu des lettres de soutien, des témoignages d’amitié formidables. Pas seulement du public, mais aussi des gens de la profession...
Le lendemain matin, le réveil a dû être difficile ?
Oui. En même temps, j’étais attendue en Espagne sur le tournage du James
Bond. Je me suis donc vite immergée à nouveau dans cette aventure qui occupe une bonne partie de mon emploi du temps depuis décembre.
Parlons de ce film. Qu’avez-vous ressenti quand on vous en a proposé le premier rôle féminin ?
J’étais très excitée ! Tout a débuté à Londres par un rendez-vous, qui s’est fort bien passé, avec les producteurs Barbara Brocoli et Michael Wilson et le réalisateur Michael Apted. Ils avaient l’air heureux de me rencontrer. Le scénario n’était pas encore fini, mais ils parlaient de leur projet de manière très cohérente. J’ai tout de suite senti qu’ils avaient, avant tout, le souci de perpétuer la tradition Bond, tout en la modernisant. Un peu plus tard, j’ai reçu le script. Le rôle m’a amusée. C’est si rare, et si enivrant pour une actrice, de pouvoir ainsi sortir de la réalité et de pouvoir jouer avec le cinéma, avec la légende.
Vous n’avez pas hésité ?
Pas du tout! J’étais sûre de mon choix. Quand je suis arrivée aux essais, je n’avais pas peur...
Vous avez fait des essais ?
Bien sûr. J’ai d’abord fait une lecture à Los Angeles. Et quinze jours après, on a fait des essais filmés à Londres. On m’a demandé de venir quatre jours avant, pour que je travaille le texte avec une coach, que je choisisse des costumes - uniquement pour ces essais. Par contrat, il était prévu que j’obtienne une réponse une semaine plus tard.
Vous étiez fébrile ?
Non, mais j’ai été très heureuse d’apprendre que j’étais choisie. Je rentrais à Los Angeles avec Andrzej (Zulawski). Nous venions de passer quelques jours dans le désert de Joshua Tree... En sortant de l’aéroport, persuadé que j’avais eu des nouvelles, il m’a conseillé d’interroger mon répondeur. Il avait raison: j’avais un message de mon agent américain, qui me disait: «You’ve got the part!»
(Vous avez le rôle.) J’avais envie de courir, mais comme on était bloqués dans les embouteillages sur l’autoroute, c’était un peu difficile!
J’ai lu qu’autour de vous, on vous avait déconseillé de faire ce film...
Pas en France. Mais en Amérique, les gens à qui j’en parlais me disaient: « Tu ne vas pas faire un
James Bond!? C’est six mois de tournage. C’est une grosse machine commerciale et toi, tu es une actrice européenne.» Comme si le fait d’être une actrice française vous condamnait forcément à ne jouer que dans des histoires à petit budget, des drames psychologiques, où les personnages parlent beaucoup et fument cigarette sur cigarette.
(Rire.) Je leur ai répondu que l’une des raisons qui me poussaient à aller voir ailleurs, c’était justement de pouvoir jouer dans des films qu’on n’a pas l’habitude de faire en France ! De toute façon, depuis mes débuts, on m’a toujours déconseillé de faire les films que j’avais choisis, sous prétexte qu’ils n’étaient pas pour moi. Apparemment, et après vingt ans de carrière, ça me réussit quand même pas trop mal!
La différence aussi, c’est que, pour la première fols, ils n’ont pas choisi pour James Bond girl une actrice débutante...
Mais justement, je ne suis pas une James Bond girl ! C’est un vrai personnage, une femme dangereuse. J’ai rencontré hier une journaliste anglaise qui, après avoir lu le script, m’a dit qu’il n’y avait jamais eu un rôle féminin aussi fort depuis le début de la série. Et elle s’y connaît, puisqu’elle les a tous vus!
Et vous ?
J’ai dû en voir trois ou quatre.
Comment définiriez-vous votre personnage, Elektra King ?
C’est une séductrice qui a une autorité naturelle et de lourdes responsabilités. Mi-turque, mi-anglaise, c’est une riche héritière qui a évolué au sein de deux cultures différentes, mais complémentaires. Forte, intelligente, calculatrice, c’est aussi une femme compliquée et fragile qui a, en elle, tout un côté obscur, bizarre, qui vient de son enfance, puisqu’on apprendra, au cours du film, qu’elle a autrefois été kidnappée et que son père n’a pas voulu payer la rançon. C’est ce traumatisme qui, quelque part, lui a fait péter les plombs.
C’est votre premier rôle de méchante.
Dans ma tête, ce n’est pas une méchante! Elle a été torturée. Elle a souffert. Son côté diabolique est enfoui dans son mental. C’est peut-être d’ailleurs ce qui la rend encore plus dangereuse...
Qu’est-ce qui vous plaît dans l’univers de James Bond ?
Le personnage de Bond lui-même. C’est un homme sympathique, qui ne vous ennuie jamais avec ses problèmes... C’est formidable, non? Et puis, c’est du spectacle. Uniquement du spectacle. L’humour et l’absurde se mélangent. On y parle de la vie, de l’amour, de la mort, mais avec une certaine distanciation et un humour très anglais...
C’est difficile pour une actrice française de se faire respecter et d’exister dans une superproduction de 120 millions de
dollars ?
Tout dépend de la relation que vous installez dès le départ avec l’équipe. C’est une grosse machine, mais derrière chaque poste, il y a une personne avec laquelle vous instaurez un rapport particulier. Certes, il peut y avoir des barrières culturelles mais, à partir du moment où vous êtes étrangère, vous sentez les gens plutôt curieux... Bien sûr, dans une telle structure, vous patientez beaucoup entre les scènes. Vous avez aussi parfois l’impression qu’on ne vous utilise pas assez, que les effets spéciaux sont plus importants que les acteurs, mais ça ne me dérange pas...
A quel moment, sur un tournage, êtes-vous le plus heureuse: avant, pendant ou après une scène
?
Avant, c’est terrible. Dès que j’arrive sur le plateau, j’ai peur. C’est comme si je devais passer mon bac... alors qu’en fait, je ne l’ai jamais passé!
(Rires.) Mais j’adore travailler, être sur les plateaux.
Quel genre de partenaire est Pierce Brosnan ?
Il a très bien compris comment jouer Bond. Il a été engagé pour la sympathie qu’il dégage, son regard bleu, son côté bel homme... Il est parfaitement dans son rôle. Bien sûr, j’aurais parfois envie de gratter un peu plus et de le provoquer pour découvrir ce qui se cache derrière cette apparence. Mais bon, je suis toute petite et il est James Bond!
Fait-il sentir son pouvoir sur le tournage ?
Non. Mais il est à la fois la star et l’image du film. Et il est traité comme tel. Pierce est extrêmement protégé. Il ne sera jamais ridiculisé. Il n’aura jamais la mèche de travers. Mais sur James Bond, bien avant l’acteur ou le réalisateur, ce sont les producteurs qui ont le pouvoir. Ils s’occupent de tout, participent à l’écriture, choisissent les costumes, voient les rushes... L’autre jour, ils ont même changé la fin une heure avant le tournage. Comme c’est un film qui est vendu dans le monde entier, ils tiennent à respecter certaines contraintes. Par exemple, alors que, dans le film, on tue des gens à tour de bras, on n’a pas le droit d’y montrer un sein de femme - sinon le film ne sera pas vendu au Moyen-Orient!
Savez-vous pourquoi ils ont pensé à vous ? Leur avez-vous demandé lesquels de vos films ils avalent vus?
Ils ont pensé à moi grâce à Firelight et... en voyant des photos sur
Internet. D’ailleurs, aux USA, il y a plus de gens qui me connaissent grâce à Internet que grâce à mes films!
A quelques jours de la fin de ce tournage, comment vous sentez-vous ?
Fatiguée ! Même si je n’ai pas travaillé tant que ça... De toute façon, les films, ce sont d’importantes parties de soi-même qui s’en vont et on ne sait pas toujours les fruits qu’on en recoltera. Ce n’est qu’une fois le tournage fini que la vie continue et reprend le dessus... On fait ses bagages et on s’en va. Bientôt, je quitterai Londres et, l’air de rien, je laisserai derrière moi six mois de vie. C’est quelque chose qui s’inscrit déjà dans le passé. Et, à mes yeux, le passé a toujours été important.
Vous êtes nostalgique ?
Pas tant que ça mais, en revanche, le temps a beaucoup d’importance... De plus en plus même... J’ai envie que ma vie soit une perpétuelle ascension. Je n’ai pas envie de rétrograder. Il faut toujours partir vers autre chose, continuer...
Quand vous dites que le temps est de plus en plus important, c’est parce que cela vous fait peur par rapport à votre physique?
Non, je ne pense pas encore en ces termes. Ça va sans doute venir... Aujourd’hui, c’est davantage d’ordre mental. D’un côté, plus je grandis, plus je me sens capable d’entreprendre, de faire les choses moi-même. D’un autre côté, plus on vit, plus on réalise que les choses vont vite, plus on sait qu’il y a des occasions à ne pas manquer. Et il y a tant de choses à envisager qu’il ne faut pas perdre les pédales, ni “péter les plombs”, ni se laisser aller; il faut reconnaître ses priorités. Mais où sont-elles mes priorités? Comment passer d’un état à un autre sans prendre de gifles ou de douches froides? Entre ma vie de mère, ma vie de femme et ma vie d’actrice. Entre ce que je dois faire et ce que je veux faire. Il y a quelques jours, par exemple, je suis allée passer le week-end en Pologne, chez moi, pour faire la promotion d’un livre pour enfants dont j’ai écrit les textes. J’étais toute fébrile en partant et en revenant. Je quittais Bond, Londres, le cinéma, pour arriver dans notre maison de Varsovie où, après des mois d’absence, il y avait de la poussière par tout. Il fallait que je fasse le ménage. J’avais envie de poser mes valises, de m’installer... Pendant quelques heures, j’ai parlé une autre langue, mangé une autre nourriture, rencontré des gens qui n’ont strictement rien à voir avec le cinéma... Ces changements d’univers sont parfois compliqués à gérer.
La Pologne, c’est chez vous ? Est-ce que ça veut dire qu’aujourd’hui, l’essentiel de votre vie est là-bas ?
Un peu, quand même... En fait, je suis de partout et de nulle part. Mais “chez moi”, c’est plutôt notre maison que la Pologne elle-même. On ne se sent chez soi que dans une maison et la seule maison que j’ai, elle est là-bas...
En parlant de vous, Zulawski disait, il y a quelque temps, sur Canal+: «Sur le plan de sa carrière, je lui ai fait du mal. Elle aussi, elle m’a fait du mal. Mais pour l’essentiel, elle ma fait du bien et je pense lui avoir fait du bien aussi...»
(Rires.) C’est une combinaison qui, dans nos carrières mutuelles, n’a pas été évidente. Si c’est compliqué de dîner avec une actrice qui vit avec un réalisateur, l’inverse n’est pas facile non plus. Ça dérange un peu tout le monde. Les gens deviennent méfiants à notre égard. Enfin, au bout du compte, tout ça n’a pas tellement d’importance.
Est-ce que l’échec des trois films que vous avez faits ensemble [ L’amour braque (85),
Mes nuits sont plus belles que vos jours (89), La note bleue (91).] n’a pas fini par rejaillir sur votre vie personnelle? Est-ce une espèce de tabou entre vous?
Un tabou, non, parce que ces films on les aime. Mais c’est quelque chose qui nous a forcément blessés, l’un et l’autre. D’autant que pour un metteur en scène, c’est très dur de refaire un film après un échec... (Silence.) Oui, ce serait mentir que de ne pas reconnaître que ces échecs nous ont profondément atteints. Plus on se sentait abattus, plus on nous donnait des coups de marteaux sur la tête. On a raconté des choses tellement méchantes ! Sincèrement, sur «L’amour braque», si on n’avait pas été un peu solides, il y avait de quoi se jeter par la fenêtre. Tellement de rage et de haine... C’est sans doute ça aussi la vie d’artiste.
Vous allez refaire un film ensemble à la rentrée [ La fidélité, une histoire d’amour contemporaine produite par Paulo Branco. Tournage en septembre.] Vous avez le trac?
Non. J’ai très envie que ça commence. C’est un très joli projet. J’y pense tout le temps. Ça me tient en haleine. Avec Andrzej, on se connaît si bien! Je lui fais confiance. Je crois aussi qu’il me fait confiance... enfin... probablement moins que moi, mais...
(Silence.)
Qu’est-ce qu’il a vu en vous que les autres metteurs en scène n’ont pas vu ?
Je ne sais pas... C’est tout simplement quelqu’un d’exigeant, qui demande à ses acteurs et à ses techniciens de donner le plus possible. Il nous porte, nous regarde vraiment et veut toujours en savoir plus. C’est flatteur, parce qu’on se sent très important. C’est bien de tourner à nouveau ensemble, il y a eu tellement de projets avortés...
Dont un Jeanne d’Arc...
Oui. J’étais allée voir la Gaumont pour leur demander de nous produire, tout en sachant qu’ils allaient sans doute me rire au nez. J’étais bien consciente, que des protestants ne pouvaient pas faire un film sur une héroïne catholique. Surtout mis en scène par un fou de Polonais! Ils n’ont jamais donné suite à ce rendez-vous... Ce qui ne les a pas empêchés de produire le film de Besson, tourné en anglais! Ce qui est quand même le comble pour Jeanne d’Arc! Ces gens-là ont des principes sur le cinéma et ils vendent leur culture à l’Amérique...
Si Besson vous avait proposé le rôle, vous l’auriez accepté ?
(Silence.) Je n’ai pas lu le script. Je ne sais pas ce qu’il a fait de Jeanne d’Arc...
En cinq ans, vous avez été la fille de d’Artagnan, la princesse de Braveheart, Anna Karénine, Marquise, Elektra King... Qu’aimez-vous chez ces femmes “bigger than life”?
Ça, justement ! Elles sont plus grandes que la vie. Je vis sans doute pas mal dans mes illusions, mais je reste persuadée que chacun, à un moment de son existence, peut être “bigger than life”. C’est exaltant de vouloir arranger le monde à son idée... Ces femmes sont d’autant plus formidables qu’elles essaient de faire quelque chose de leur existence. Elles se battent. Elles ont de l’ambition.
Et vous ?
Ma seule ambition, c’est de trouver mon chemin dans cette vie, d’y faire quelque chose et de construire ma maison...
N’y a-t-il donc chez vous que des forces positives, constructives ?
Hélas, non! On a toujours en soi des forces constructives et des forces destructives. Parfois, la balance penche davantage d’un côté que de l’autre. Mais, pour détruire, il faut déjà avoir construit quelque chose, non?
On peut se détruire soi-même aussi...
Oui... (Silence.) C’est ce qu’il y a de plus facile à faire. Cette pulsion-là, je l’ai très fort en moi, mais heureusement, très vite, je me suis accrochée à autre chose qu’à moi-même.
A quoi, par exemple ?
A la réalité, à tout ce que je peux faire ou avoir fait. Je ne parle pas de mon fils, bien sûr... ni de mes films, mais quand je retourne dans ma maison en Pologne, que je vois quelque chose que j’ai fabriqué de mes mains, un tableau que j’ai acheté, ce petit livre pour enfants que j’ai écrit, cela me donne de l’élan. Chaque jour, il faut savoir pourquoi on existe, pourquoi on est là...
Avez-vous l’impression de vous être forgé vous-même votre destin ?
Il y a peut-être des trucs dans les étoiles, des influences célestes, qui décident de notre sort, mais je sais aussi que parfois, pour s’en sortir, il faut savoir tordre le cou au destin. Petite, j’avais tellement conscience de la vie toute tracée qui m’attendait, je savais tellement ce qui allait m’arriver, que si je ne m’étais pas bougée, je ne serais peut-être jamais sortie de ma banlieue. C’est moi qui, à 12 ans, suis partie chercher du travail. Je voulais faire quelque chose de ma vie. Je n’avais pas précisément une ambition de cinéma, j’étais plutôt animée par des questions beaucoup plus existentielles. Je me disais: «Qui vais-je être? Serai-je du côté du bien ou du mal ? Comment vais-je vivre ? Est-ce que je vais être libre ?... » La liberté, voilà quelque chose qui m’a toujours obsédée.
Ressemblez-vous à ce que vous pensiez que vous seriez à 12 ans ?
Non, mais je ne me suis pas non plus perdue. Je ne suis pas devenue une autre.
En relisant d’anciennes interviews, on se rend compte en effet que ce que vous disiez à 18 ans n’est pas très éloigné de ce que vous pouvez dire aujourd’hui...
C’est vrai. J’ai revu récemment une émission que j’avais faite à 13 ans, où j’étais très sérieuse, où ce que je disais était lourd de sens, où on avait l’impression que j’avais le poids du monde sur mes épaules... Je n’ai pas tellement changé, sauf que, maintenant, tout ça me pèse moins. Je suis dans le monde. Le monde est en moi. C’est un rapport d’égal à égal.
En septembre dernier, vous parliez de vous installer à Los Angeles...
Je faisais tellement d’allers-retours que plutôt que d’aller à chaque fois à l’hôtel, j’ai loué une maison. Quelques jours après, j’étais engagée sur le
James Bond. Je n’ai donc quasiment jamais habité là-bas. Mais, pour être honnête aussi, je reçois plus de scénarios des Etats-Unis que de la France.
Cela vous fait rêver de faire une carrière en Amérique ?
A l’époque, oui... C’est vrai que pendant ces quatre dernières années, je n’avais plus envie d’être à Paris. Il n’y avait rien pour me retenir, pas un projet qui m’intéressait. En plus, c’était après toute l’aventure de
Marquise... J’avais envie de voyager, de connaître d’autres gens, d’apprendre, de voir... Mais je n’ai jamais vraiment quitté la France non plus.
En arrivant à Los Angeles, vous avez dit: « C’est là qu’on peut tout recommencer.» N’êtes-vous pas un peu jeune pour vouloir recommencer votre vie?
Loin de moi l’idée de vouloir tout recommencer ! Je n’ai pas travaillé vingt ans pour repartir à zéro. Seulement, parfois, c’est bien d’arriver quelque part et de se dire qu’on n’a ni passé ni histoire... Et que tout peut arriver!
Vous avez un agent là-bas ?
J’ai un agent, mais je ne suis pas vraiment dans le système. Je résiste. Je refuse d’avoir, comme tous les acteurs qui vivent à Hollywood, un publiciste, un manager... Je ne suis pas habituée à travailler comme ça. Ma force, c’est que, depuis que j’ai 13 ans, je me démerde seule. A mes débuts, je n’ai pas eu d’agent pendant quatre ans. Mon nom était dans l’annuaire. C’est moi qui prenais mes rendez-vous avec les journalistes. Alors, aujourd’hui, quand on me dit: «Ton agent va choisir tes photos, tes interviews», je réponds qu’il n’en est pas question.
Vous trouvez que les Américains ont une vision juste de vous ?
Ils ne me connaissent quasiment pas !
Le succès et les Oscars de Braveheart ont dû quand même vous apporter une certaine notoriété ?
C’est toujours mieux d’être dans un bon film. Mais Braveheart, c’est avant tout le film d’un homme, Mel Gibson.
C’était une belle rencontre ?
Oui. C’est un acteur avec lequel je m’entends bien. J’aimerais beaucoup jouer à nouveau avec lui. Une comédie, un thriller... Entre nous, il y a plein de possibilités. A la limite, sur
Braveheart, j’aurais préféré qu’il ne soit qu’acteur...
Vous êtes restée en contact avec lui ?
Non. On se fait des coucou par personnes interposées. Un jour, il m’a dit: «Appelle-moi...» Je lui ai répondu que pour que je puisse lui téléphoner, il fallait au moins qu’il me laisse son numéro de téléphone! Il ne me l’a pas donné! C’est un garçon compliqué...
Vous trouvez qu’il y a un monde entre les stars françaises et les stars hollywoodiennes ?
Je ne sais pas. Je ne fréquente ni les unes, ni les autres...
En France, vous en avez quand même rencontré quelques-unes...
Je ne sors pas. Je ne vois personne. Je tourne avec certaines stars, mais je ne les connais pas. Par exemple, je n’ai jamais rencontré Catherine Deneuve...
Vous avez quand même monté les marches avec elle à Cannes pour Fort Saganne...
On les a descendues ensemble et, après, on est montées dans la même voiture.
C’est dur de croire qu’en vingt ans de carrière, vous n’avez pas rencontré une seule personne avec qui vous ayez eu envie de sympathiser...
Non, j’exagère. Bien sûr, j’ai quelques amis dans ce métier, mais on se voit comme ça, de temps en temps, pour déjeuner. Pas plus.
Il y a quatre ans, on vous avait proposé, pour un Spécial cinéma français, de faire une photo avec Emmanuelle Béart et Juliette Binoche. Vous aviez refusé en disant que vous étiez trop individualiste...
Je le crois vraiment. Récemment, j’ai découvert chez mon fils quelque chose que j’ai aussi en moi. Il est très sociable, mais dès que, à l’école, ils montent un spectacle, il pleure, il est mal à l’aise au milieu de ses camarades et perd ses moyens... Il a la sensation de disparaître dans le nombre. Ça le rend malheureux. Moi, c’est pareil. Dès que je suis dans un groupe, je ne suis plus moi-même. Je vais ressembler à Binoche ou à Béart. Ou alors, je vais être contre, ce dont je n’ai pas envie...
Mais si on vous proposait un film avec elles ?
S’il y a un rôle, oui.
Vous n’avez jamais été tentée de leur téléphoner pour savoir si elles avaient les mêmes doutes ou les mêmes joies que
vous ?
Non. Vous appelez vos copains journalistes pour leur demander si votre article est bien écrit ?
Ce n’est pas la même chose !
Pourquoi ? J’adore les acteurs, et encore plus les actrices, mais je les connais si bien que, forcément, dans la vie, ils ne me fascinent pas tant que ça. Ils m’intéressent plus en tant qu’acteurs qu’en tant que personnes. Je préfère qu’ils me sortent toutes leurs plumes, qu’ils fassent le paon et qu’ils me montrent ce qu’ils savent faire sur scène ou devant une caméra. Cela dit, j’ai passé un dîner très agréable aux Césars. Il y avait Nathalie Baye, qui est une femme formidable, Charlotte Gainsbourg... Elle est très impressionnante, vous ne trouvez pas?
Si. Mais vous aussi…
Ah, bon? Alors, ce serait un cauchemar pour vous d’être à table entre Charlotte et moi ?!
(Rires.)
Non. C’est agréable, parfois, d’être impressionné...
C’est vrai, j’adore ça. Et Charlotte a une grâce insensée !
Comment vous sentez-vous dans le cinéma français ?
Bien. C’est ma maison. J’ai appris le cinéma à travers les plateaux et les scénarios français. Ce sont mes racines, c’est mon école, et c’est une bonne école. Ce qui n’empêche pas qu’on puisse se disputer, parfois, avec les siens.
Sentez-vous que, depuis l’histoire de Marquise [Le tournage avait été difficile entre l’actrice et sa réalisatrice. A la sortie, Marceau s’est désolidarisée publiquement du film. Le conflit s’est réglé en justice.]
et de votre querelle avec Véra Belmont, vous faites peur aux metteurs en scène français?
Je ne sais pas. Marquise marque, en tout cas, la fin de quelque chose dans ma carrière et dans ma tête. J’avais le sentiment d’être dans l’erreur, je ne pouvais pas aller plus loin dans le malentendu. Il fallait que j’arrête de m’user à faire n’importe quoi, sinon j’allais devenir folle... C’était presque une question de vie ou de mort. Il ne faut jamais en arriver à de telles extrémités. Cette histoire a été très violente et m’a beaucoup touchée.
Sur le tournage, on vous sentait triste et malheureuse...
Terriblement. Mais, c’est de ma faute aussi. Il ne faut travailler qu’avec des gens avec lesquels on partage un point de vue, un goût artistique. Véra et moi n’avions rien à voir l’une avec l’autre. J’aimais tellement ce personnage de Marquise que j’ai cru que je pourrais sauver le film toute seule. J’étais naïve. J’aurais dû être assez humble pour refuser cette proposition mais, à l’époque, je manquais terriblement d’humilité.
C’était au-delà de vos forces d’être solidaire du film à sa sortie ?
Oh, oui... Pendant un mois, j’ai essayé et puis ça a dégénéré. Je ne dis pas que c’est uniquement de la faute de Véra, mais bon... J’ai une amie un peu sorcière qui m’a dit un jour: “J’ai compris ce qui c’est passé sur
Marquise. Comment voulais-tu que ça se passe bien ? Le metteur en scène voulait être l’actrice et l’actrice le metteur en scène...”
(Rires.)
«Les réalisateurs, avez-vous dit récemment, soit on les hait, soit on se marie avec eux.»
J’ai dit ça ? Ce n’est pas vraiment le genre de choses que je devrais dire !
(Rires.)
Comment expliquez-vous, comme vous le disiez, que vous receviez plus de propositions américaines que françaises ?
Sans doute suis-je plus vierge pour les Américains... C’est vrai que j’aurais voulu travailler davantage ici. En même temps, je comprends leurs hésitations. Je n’ai pas toujours été facile à cerner. Je n’ai jamais fait ce qu’on attendait de moi. Je n’ai jamais vraiment non plus été jeune, branchée...
Ça vous embête d’avoir très peu tourné avec des cinéastes de votre âge ?
C’est peut-être maintenant que ça va se faire. Je suis plus en adéquation avec eux qu’autrefois...
A la sortie d’Assassin(s), vous avez dit beaucoup de bien de Mathieu Kassovitz...
Son film m’a impressionnée. J’ai trouvé ça jeune, ébouriffé. Pourquoi a-t-il été... assassiné ? C’est criminel de traiter comme ça un cinéaste de 30 ans, surtout après l’accueil qu’on avait fait à
La haine qui, à mes yeux, était un film beaucoup plus bourgeois. On s’est rencontrés une fois à Los Angeles, à la première
d’Alien 4. Je lui ai dit que j’avais aimé son film. Mais il était méfiant, distant, blessé, très “contre”... Il n’était sans doute pas contre moi, mais contre ce que je représente, c’est-à-dire le cinéma français.
Quels sont les autres films qui vous ont touchée récemment ?
On connaît la chanson, Place Vendôme, Ceux qui m’aiment prendront le train... Chéreau, c’est un vrai metteur en scène. J’aimerais tourner avec lui.
Vous avez pourtant refusé Ceux qui m’aiment prendront le train...
Oui, parce que... (Silence.) Je ne regrette pas de ne pas l’avoir fait. Ce n’était pas un rôle pour moi. Et Valeria Bruni-Tedeschi est très bien...
Vous avez dit que le cap des 30 ans avait été difficile à passer...
Oui, mais c’est fini tout ça. (Elle a 32 ans.) Maintenant, je suis dedans et c’est génial.
Etre mère (elle a un fils de 4 ans), est ce que ça a changé quelque chose à votre manière d’envisager votre métier ?
Non. Mais c’est une porte à jamais ouverte sur le monde. C’est comme si on me disait: «Rassure-toi, quoi qu’il t’arrive sur terre, il y aura toujours un petit ange à côté de toi pour t’empêcher de tomber au fond du trou.»
A 13 ans, vous disiez: «L’avenir, je ne le vols pas. Je l’attends.» A quoi ressemble-t-il aujourd’hui ?
L’avenir, c’est maintenant. Il y a plein de théories sur le bonheur. Je pense qu’il suffit d’avoir une ou deux certitudes sur la vie et sur l’amour, de s’y tenir et de laisser les choses bouger au tour de soi...
Vous aimeriez changer le monde ?
Un peu. Mais on peut déjà le changer en retournant la terre de son jardin pour planter des fleurs...
Quel regard portez-vous sur votre deuxième décennie de cinéma ?
Je la vois avec de grands trous. Vingt ans, c’est beaucoup et pourtant, j’ai encore l’impression d’être au début de ma carrière... J’ai envie de surprendre et d’être surprise. Il y a encore tellement de choses à expérimenter, à entreprendre, à faire... J’aime ce qui commence. J’aime les renaissances. Je préfère le matin, quand tout est à nouveau possible, plutôt que le soir, quand la nuit tombe...
Photographe: L.Roux/Studio - assistant: A.De Parceval - styliste: R.Martinez Paz - coiffeur: S.Malheu - maquilleuse: M.Matsumura - vêtements: Dries Van Noten - chaussures: Dior
LE MONDE NE SUFFIT PAS
James Bond (Pierce Brosnan) est de retour dans ce 19e volet signé Michael Apted («Gorilles dans la brume»). Aidé par un expert en armes nucléaires (Denise Richard), il a pour mission de protéger Elektra (Marceau), la fille de sir Robert King (un magnat du pétrole assassiné) des griffes d’un célèbre terroriste international (Robert Carlyle)... Tourné depuis le 11 janvier 99, entre l’Angleterre, la Turquie et l’Espagne, cette superproduction au budget de 120 M$ sortira le 1e décembre en France.
SOPHIE MARCEAU PAR MICHAEL APTED
Dans quels films aviez-vous remarqué Sophie Marceau avant de la contacter ?
Michel Apted: Braveheart, Marquise, Par-delà les nuages et
Fanfan...
Quel est son meilleur atout comme actrice ?
L’étendue de son registre. Elle peut être vulnérable, sexy, agressive, enfantine et sophistiquée. Et on retrouve justement tous ces éléments dans le personnage d’Elektra.
Qu est ce qui selon vous est le plus surprenant chez elle ?
Elle aime être sur le plateau même lorsqu’elle ne tourne pas. Elle a beaucoup de curiosité et d’intérêt pour le processus de fabrication d’un film, plus qu’aucun autre des acteurs avec lesquels j ai travaillé.
Qu est ce qui pourrait la menacer ?
Elle court le risque qu’Hollywood la dévore pour sa seule beauté. Je ne saurais trop lui conseiller de choisir des rôles qui lui permettent d exploiter son talent d’actrice.